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Confidence, Dès qu’on nous courtisait, maman nous emmenait chez son féticheur

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  • Cette semaine dans la rubrique confidence, nous avons recueilli pour vous le témoignage d’une femme qui veut attirer l’attention des parents sur le fait que ce que vous faites spirituellement dans la vie de vos enfants peut les détruire. 

     

    « Dès qu’un homme nous courtisait, et qu’il était friqué, notre maman nous amenait chez son féticheur pour l’attacher. Au final, plusieurs se sont retrouvés dans tous les problèmes à cause de nous. 

     

    Une mère, soit elle vous construit ou elle vous détruit. La nôtre nous avait montré la vie sous un autre angle. Veuve très tôt, nous n’avions jamais su de quoi était mort notre père. Il se portait si bien la veille puis le matin, elle nous avait réveillées en larmes, nous informant du décès de ce dernier. 

     

    Cette mort fut énigmatique pour tous mais notre mère était assez caractérielle pour effrayer tous les membres de sa belle-famille. 

     

    Après le décès de notre père, plus aucun membre de la famille de ce dernier n’est revenu dans notre maison. Tous détestaient maman. J’avais 17 ans.

     

    Maman rentrait chaque semaine au village et ce depuis que papa était en vie. Je rappelle que notre père était un homme aisé. Il avait travaillé toute sa vie pour nous mettre à l’abri du besoin mes quatre sœurs et moi. Nous n’avions jamais manqué de rien. 

     

    A sa mort, maman avait gardé tous les biens pour nous, car elle disait que nos oncles étaient des arrivistes…

     

    A 21 ans, tout commença avec maman. La première fois que j’avais mis pieds chez un féticheur, c’était lors d’un voyage au village. Maman avait décidé un beau matin de nous amener auprès d’un grand homme, avait-elle dit. Cet homme n’était autre qu’un féticheur, un vieillard très répugnant mais à qui maman vouait un respect incomparable. 

     

    La demeure de cet homme était d’une horreur unique. Il y avait des fétiches partout depuis l’entrée de la maison. J’en avais eu l’urticaire. Maman nous avait fait rencontrer cet homme à mes deux cadettes et moi. Notre benjamine encore trop petite, elle était restée à la maison. 

     

    Ce jour-là, maman avait demandé des rituels qui avaient été faits sur nous. Quelques poules égorgées et le sang versé, après avoir entouré nos corps des poules vivantes… Bref sans rentrer dans les détails, j’en avais vu des choses horribles mais durant toute la procédure je ne voyais que le regard serein de maman. 

     

    Elle n’avait pas un seul instant manifesté du dégout ou une gêne au contraire, elle sembla fière. 

     

    Dans la voiture, en route pour la ville, je me sentis sale, impure, j’étais dégoutée. J’avais eu envie de demander à maman ce à quoi nous auraient servi toutes ces choses mais je ne pouvais me le permettre car elle n’était pas le genre à faire copine copine avec nous. 

     

    La nuit, allongées dans nos lits, mes sœurs et moi nous étions questionnées sans réponse. 

     

    Ce manège les mois d’après étaient devenus récurrent. Maman une fois par mois nous amenait voir cet homme qui faisait des rituels et nous renvoyait à la maison. 

     

    A 22 ans, je rencontrai un jeune homme, Axel, il travaillait dans une entreprise immobilière de bonne réputation. Dès que maman fut au courant de cette relation, elle me fit assoir, me questionna longtemps sur lui puis au retour d’un voyage, exigea que je lui écrive le nom de cet homme sur un papier, sur ce papier, je devais dicter mes exigences, mes désirs et le placer sous mon oreillet jusqu’au petit matin, puis avant que ne chante le coq, je devais sortir faire un rituel avec ce bout de papier. 

     

    Je n’avais pas envie de le faire, d’ailleurs je n’y comprenais rien mais je le fis pour satisfaire maman qui déjà à trois heures du matin, m’attendait de pieds fermes devant ma porte. 

     

    Ce jeune homme je vous promets, tomba fou amoureux de moi. Il ne jurait que par moi, ne voyait que moi. Toute sa famille, dans l’intervalle de deux semaines me connaissait, tout son entourage, ses collègues. Il ne parlait que de moi et tout son salaire venait dans mes mains. 

     

    C’était cela l’objectif du rituel de ma mère. Je devais faire manger dans mes mains cet homme. 

     

    Petit-à-petit, je vis ce jeune perdre la tête pour moi, une fille qui ne l’aimait même pas. Mais maman avait déjà tout fait, elle avait rendu cet homme fou de moi. Il ne faisait rien de son argent, il me poursuivait comme un enfant, il bavait… J’avais pitié de lui mais que pouvais-je dire à maman ? La fois où j’essayai de la raisonner, je reçus l’ordre de sortir de la maison de mon père si je n’étais pas capable de respecter ma mère. Où pouvais-je aller, sans travail, sans repère ?

     

    Maman avait fait pareil avec mes sœurs, dès qu’un homme avait le malheur de poser les yeux sur nous, c’était fini. Ils finissaient tous fous. Mariés ou pas, maman ne ratait aucun d’eux. C’est ainsi qu’à 25 ans, à 23 et à 19 ans, nous avions déjà chacune des terrains un peu partout dans la ville. Nos désirs étaient des ordres. J’avais pour ma part ma deuxième maison en construction. 

     

    Ce jeune avait fini par perdre son boulot et c’était seulement en ce moment que maman avait demandé qu’on le libère dans la nature. J’avais tellement eu pitié de lui. IL n’était devenu que l’ombre de lui-même. Il n’eut même pas de rupture à vrai dire. Je n’étais plus là pour lui car d’ailleurs depuis le départ je ne voulais en faire qu’un ami et c’était tout. 

     

    Je voyageais dans ces grandes villes, je rencontrais de puissants hommes qui devenaient fous de moi. J’étais un bijou à leurs yeux. Mes désirs étaient des ordres. Il m’arrivait souvent de voyager avec mes sœurs y compris la dernière avec un budget de trente à cinquante millions pour une semaine de vacances. 

     

    Maman était fière heureuse à souhait. Ces filles étaient convoitées. Mais à 27 ans, j’étais célibataire. Les hommes avec qui j’avais été en relation, ne m’avaient jamais intéressé à vrai dire. Je leur offrais mon corps si je voulais mais jamais mon cœur. 

     

    Puis un jour, je commençai à penser à ma vie de femme. Allai-je vivre cette vie jusqu’au bout ? Mes promotionnelles se mariaient et m’invitaient tous les weekends. Qu’est-ce que je foutais là ? J’étais toujours célibataire ou peut-être pas, je sortais avec un pigeon qui n’est autre que le mari de quelqu’un d’autre. 

     

    Lorsque je voyais mes amies amoureuses, j’avais mal au cœur car jamais je n’avais connu l’amour dans ma vie. J’avais connu le goût de l’argent mais de l’amour non, je ne savais même pas ce que cela signifiait. 

     

    Le plus drôle est que maman nous disait qu’il  ne servait à rien de chercher le mariage car le seul bonheur de la femme résidant dans l’abondance financière. Je me rappelle lui avoir demandé une fois si elle n’avait jamais aimé notre père. Sa réponse fut une colère qu’elle manifesta par une rafale d’insultes. 

     

    A 29 ans, je décidai de quitter la maison familiale pour une de mes villas. Oui jusqu’à cet âge et malgré tous mes biens immobiliers, maman avait toujours refusé que je parte. Je me sentais vieille fille, j’avais besoin de m’éloigner pour souffler alors contre son gré, j’aménageai chez moi. 

     

    Ce qui était très touchant dans ces relations, c’était comment ces hommes finissaient pour la plupart qui n’était pas spirituellement forts. C’était facile de cerner leurs âmes et d’en faire ce que voulait maman et son féticheur. 

     

    Les problèmes étaient multiples, vous pouviez perdre beaucoup d’opportunités, faire des accidents inexpliqués, devenir contre productifs au travail, perdre votre travail comme Axel… Je ne vais en citer que ceux-là…

     

    Nous avions le devoir de nous rendre saisonnièrement auprès de ce féticheur pour renforcer le charme mais moi, j’avais décidé de briser ce lien en n’y allant plus. A la suite, ce furent des nuits perturbées, des journées dans le tourment, je commençai à avoir des problèmes d’ordre professionnel ou financier tout le temps. 

     

    Entre temps, maman avait commencé à tomber très bizarrement malade. Des maux qui cliniquement ne s’expliquaient pas mais elle agonisait, elle se plaignait de maux de dos au point de ne pouvoir marcher qu’avec une canne… A un moment donné, lorsqu’on désirait l’amener à l’hôpital, elle refusait sous prétexte qu’elle suivait les traitements. C’était assez invraisemblable mais une nuit, elle fit une plus grave crise et le temps d’arriver à l’hôpital elle rendit l’âme. 

     

    Ce fut une grosse perte pour mes sœurs et moi car nous n’avions qu’elle mais, nous étions grandes à présent alors nous devions nous débrouiller sans elle. 

     

    C’est seulement après son décès que mes sœurs et moi eurent le courage d’aborder la question des rituels. Les autres aussi n’avaient jamais aimé cela mais qui pouvait faire face à la lionne qu’était maman ? 

     

    Nous avions constaté que plus rien n’était pareil pour nous. Plus aucun homme ne nous calculait malgré notre beauté. Nous avions fini par revenir dans la maison familiale et chacune avait choisi de vendre ses biens et de vivre chez papa jusqu’à ce qu’un homme un vrai ne s’intéresse à elle pour le mariage. 

     

    Ce fut une vraie lutte spirituelle car croyez-moi aucun homme, même pas le plus banal ne voulait d’une d’entre nous. Nous étions comme effacées de la surface de la terre. Ça pouvait nous rendre folles. Mais il était hors de question de retourner chez ce répugnant féticheur car nous ne savions déjà pas quelle alliance il avait eu avec notre mère.

     

    Prier, ne faire que ça, prier et travailler dur pour tout reconstruire. C’était comme toutes les portes nous étaient fermées. Aucune belle opportunité ne venait, je prenais de l’âge et je n’avais jamais réellement travaillé dans une entreprise. Je lançai mes business en vain, flop, tout mon argent s’envola. 

     

    Je vivais dans la maison de mon père en coiffant la sainte Catherine. Mes sœurs quant- à elles décidèrent de s’installer en France car c’était humiliant de rester là sous les regards. Moi, je n’avais pas eu envie de partir définitivement. 

     

    Je m’étais installée à Paris pendant 6 années de galère car rien n’allait comme je le souhaitais. J’avais par contre pu avoir quelques relations par ci par là mais jamais sans succès. J’étais revenue au pays pour m’occuper des affaires familiales et des biens de notre père. 

     

    Aujourd’hui, à 48 ans, sans enfant, je suis à la recherche d’un bonheur qui n’existe certainement plus car ma mère nous avait données en offrande à des fétiches. Il n’y a que notre benjamine qui a eu la grâce du mariage. Elle a deux magnifiques enfants que nous considérons comme nos propres enfants. Celle qui me suit a fait trois fausses couches, l’autre, zéro bébé, et elle comptabilise des relations échec…

     

    Je continue de prier Dieu de nous libérer de ces liens mystiques, mais plus les années passent, les échecs s’accumulent et plus je suis convaincue que c’est fini pour nous. 

     

    Mes sœurs et moi n’avions jamais voulu de ça mais notre mère elle si… Aujourd’hui, qu’en avons-nous gagné ? 

     

    La seule alliance qu’un enfant devrait avoir ici sur terre, c’est celle avec le créateur du ciel et de la terre, Dieu. Cette alliance, je la recherche toujours et je sais qu’un jour je la trouverai.» 

     

    Assion HOUESSOU