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Critique de cinéma, Le film « Tout simplement noir » parle du racisme et fait réfléchir !

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  • Sorti officiellement le 08 juillet dernier en France, le film « Tout simplement noir » traite de l’actualité. A savoir « la grande mobilisation des noirs qui crient à l’oppression» depuis l’assassinat de Georges Floyd le 25 mai dernier aux USA. Pour en parler sans froisser le monde, le réalisateur, un ivoirien doublé de sa nationalité française s’est servi de l’arme parfaite : la comédie. Le film sera projeté demain vendredi en Première à Canal Olympia Hippodrome de Niamey. Mais avant, une projection a été faite hier mercredi à huit clos à la presse.

     

    « Tout simplement noir » parle du racisme. Le film comique touche directement les noirs qui se sentent opprimés par les occidentaux et parle indirectement à l’humanité toute entière.

     

    Jean-Pascal Zadi, lui même acteur principal du film a 40 ans et se sent vraiment lésé par le racisme contre les noirs. Dans son rôle parfait d’humoriste, il décide donc d’organiser une grande marche de protestation à la Place de la République française.

     

    Pour y arriver, il multiplie les vidéos sur les réseaux sociaux et se lance dans une campagne de proximité afin de mobiliser la masse. Sans prendre en compte des réalités qui définissent sa lutte.

     

    Tout d’abord, il s’est posé un problème de la définition même du terme « noir », ses caractéristiques, bref son profil type. Qui doit participer à la marche et qui ne le doit pas.

     

    Ensuite, la date retenue du 27 avril (date de l’abolition de l’esclavage) par l’acteur pour tenir la marche. Une date rejetée par certains mouvements noirs qui pensent que « c’est une date fixée par les Blancs pour juste montrer qu’ils s’intéressent aux noirs.» Cette incompréhension a obligé l’acteur à retenir plutôt la date du 26 août.

     

    Il s’est posé en fin de compte la question même de vision et de conviction de l’acteur Jean-Pascal Zadi. Lui même français d’origine ivoirienne avec une famille métissée (il s’est mariée à une française). L’acteur ayant commencé par changer de ton après avoir fait la connaissance de l’humoriste capverdien et français Fary Lopes B qui l’a présenté à des sommités originaires de l’Afrique. Comme l’humoriste ivoirienne et française Claudia Tagbo, le rappeur comorien et français Soprano, l’humoriste sénégalais et français Omar Sy, le sénégalais et français Ahmed Sylla, l’algérien et français Ramzy Bedia, le camerounais Eric Judor ou encore l’ivoirien et français Fabrice Eboue.

     

    Cette rencontre avec Fary, acteur lui même mais beaucoup plus businessman a anéanti les convictions (s’il en avait d’ailleurs) de Jean-Pascal Zadi qui a finalement accepté - contre un généreux chèque - de jouer dans le film « Black Dentist » (référence faite à ses dents édentés).

     

    Finalement, le 26 août, la marche a été tout simplement une catastrophe, un gros raté parce qu’ayant rassemblé juste une trentaine de personnes.

     

    Le film a pris le soin de passer cette séquence sur la marche pour toucher une autre réalité du doigt. Comme pour dire que certaines luttes n’aboutissent pas à cause de l’inaction des autres… ou encore à cause du manque de conviction des leaders de la lutte.

    D’un autre point de vue, l’on voit dans le film Jean-Pascal Zadi être approché par des « arabes » qui ont demandé à s’associer à la marche pour régler par la même occasion leur compte aux « Juifs ».

     

    En fin de compte, le réalisateur renvoie tout le monde à une introspection et à un sens des responsabilités : l’amour pour un mieux vivre ensemble.

     

    Abdoulaye Ali