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Malawi, Les filles sont déviergées par des « hyènes » dès leurs premières menstruations

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  • Au Malawi, une vielle tradition consiste à envoyer les enfants mineurs dans un camp d’ « initiation sexuelle », dès leurs premières règles pour être déflorées. Même après l’adoption de la loi de 2013 interdisant ces pratiques, elles continuent d’exister.

     

     

     

    Une vielle tradition Malawite consiste à envoyer des mineurs se faire déflorer lors d'un « terrible apprentissage sexuel » chez des hommes mûrs appelés « hyènes ». Malgré l’intervention des autorités à travers une loi qui interdit depuis 2013 ce genre de pratiques, elles continuent d’exister.

     

     

    Déjà à 9, 12 ou 15 ans, la « tradition » du camp d’ «initiation sexuelle impose que les jeunes Malawites soient envoyées par leur familles, dès leurs premières règles pour être déflorées de force. Elles apprennent ainsi par ce rituel, à satisfaire sexuellement les hommes.

     

     

    C’est pour elles une sorte de délivrance imposée, qui aide à porter le poids des femmes. Le but est de chasser le fantôme d’un enfant, d’un mari ou d’un frère décédé,  de lutter contre une maladie ou de leur enlever un sort tout simplement. C’est en définitive un rituel qui sauve les femmes d’un danger afin de les permettre de vivre  une vie heureuse dans leurs  futurs foyers.

     

     

    A Nsanje au sud du Malawi, Louis Foté un « fisi » (hyène) de 39 ans se prend pour un sauveur qui délivre les jeunes filles du mal. « … je leur évite des problèmes » a-t-il laissé entendre dans une interview qu’il a accordée au journal Le Monde Afrique. Il dit même être fier de son « metier » : « C’est parce que j’ai de l’expérience que les gens viennent me voir. C’est mon métier et j’aime mon métier».

     

     

    En 2016, Eric Aniva un «hyène» a été condamné à deux ans de prison après un procès très médiatisé devenu jurisprudence. Il a reconnu avoir vendu ses services de « hyène » lors des relations sexuelles avec 104 femmes dans le cadre du "kusasa fumbi", la « purification sexuelle » des femmes.

     

     

     

    Mais malgré cette condamnation, cette pratique continue de subsister. D’après les informations fournies par M. Foté, les hyènes gagnent en moyenne entre 20 000 et 25 000 kwachas Malawite, soit entre 14 000 et 18 000 Fcfa pour chaque relation sexuelle imposée. Totalement insouciant du danger qu'il fait courir aux jeunes filles et à lui-meme, Foté pratique ce rituel depuis plus de 19 ans. « Quand j’avais 20 ans, les chefs traditionnels du village m’ont proposé de devenir fisi, j’ai dit oui. C’était de l’argent facile, et les femmes y prennent du plaisir ! »

     

     

    Conséquence, plus de 10 % de la population Malawite est porteuse du VIH et le district de Nsanje est le plus touché par le virus. Le combat des ONG  et du gouvernement contribue petit à petit à délier les langues et les jeunes filles témoignent de plus en plus de leur souffrance. Beaucoup choisisent la fuite.

     

     

    D'après un test de VIH effectué il y a trois mois, Louis Foté est séropositif. Mais cela ne l'inquiète pas un seul instant.

     

     

     

    Assion HOUESSOU