31 civils ont trouvé la mort le 18 janvier à Tillabéri lors d’une attaque terroriste.
L’horreur a frappé en plein jour. Des individus armés, présumés membres du JNIM ou de l’État Islamique au Sahel (EIS), ont fait irruption dans la localité. Selon des sources locales, les assaillants ont rassemblé les habitants avant de procéder à des exécutions de masse. Le bilan provisoire est lourd : 31 morts, dont des femmes et des enfants, et cinq blessés. Avant de prendre la fuite, les terroristes ont également pillé le village, emportant avec eux une importante quantité de bétail.
Cette attaque a plongé la région dans une véritable psychose. La peur de représailles a d’ailleurs retardé la récupération des corps, les survivants craignant que des éléments armés ne rôdent encore aux alentours.
Un cycle de violence dénoncé par les ONG
Ce massacre s’ajoute à une liste déjà longue d’atrocités commises dans la « zone des trois frontières » (Niger, Mali, Burkina Faso). En 2025, des localités comme Fambita, Ezzak ou Takoubatt avaient déjà été endeuillées par des attaques similaires. Face à cette escalade, l’ONG Human Rights Watch avait alerté les autorités sur la nécessité de protéger les populations civiles, souvent prises en étau entre les groupes armés et les opérations militaires.
Une insécurité persistante malgré l’offensive militaire
Ce drame survient alors que les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) ont intensifié leurs interventions. Récemment, l’opération de grande envergure baptisée « Borkono » (Piment) avait permis de neutraliser plus d’une cinquantaine de terroristes entre le 4 et le 11 janvier 2026.
Malgré ces succès tactiques et le démantèlement de plusieurs bases logistiques par les forces de la Confédération des États du Sahel (AES), la vulnérabilité des villages isolés reste un défi sécuritaire majeur. Aujourd’hui, le Goroual pleure ses morts, illustrant une fois de plus le tribut sanglant payé par les populations civiles au Sahel central.
Rachida Altine
