Orano ouvert au dialogue avec le Niger sur le dossier de l’uranium

Le groupe français du cycle du combustible nucléaire Orano, anciennement Areva, a exprimé sa volonté d’ouvrir un dialogue avec les autorités militaires au pouvoir au Niger, dans le but de trouver une issue négociée au différend qui les oppose autour de ses activités minières dans le pays.

Un dialogue plutôt qu’un bras de fer juridique ?

C’est visiblement l’option choisie par Orano dans le conflit qui l’oppose aux autorités Nigériennes sur le dossier de l’uranium. Une sortie qui fait suite à celle du Président Abdourahamane Tiani le 16 février dernier dans sa longue interview sur la chaine nationale.

Depuis le coup d’État du 26 juillet 2023 ayant porté les militaires au pouvoir à Niamey, les relations entre le Niger et la France se sont fortement dégradées, notamment sur la question stratégique de l’exploitation de l’uranium. En juin dernier, les autorités nigériennes dirigées par le général Abdourahamane Tiani ont décidé de nationaliser la Somaïr, une filiale d’Orano, marquant une nouvelle étape dans ce bras de fer.

Face à cette décision, le groupe français a engagé plusieurs procédures judiciaires afin de faire valoir ses droits. Toutefois, son directeur général, Nicolas Maes, a réaffirmé la disponibilité de l’entreprise à privilégier une solution concertée. Selon lui, « la meilleure solution pour le Niger, pour les mines et pour les salariés, reste une solution négociée ».

Même si Orano estime peu probable un retour dans les conditions antérieures, le groupe plaide pour des discussions afin d’examiner les différentes options possibles. Nicolas Maes souligne que l’entreprise dispose de compétences techniques et de données essentielles pouvant contribuer à assurer l’avenir des sites miniers.

Le différend porte notamment sur des stocks d’uranium estimés à « environ 100 tonnes » au moment du changement de pouvoir. Les autorités nigériennes ont indiqué être disposées à céder à la France la part correspondant à ces volumes, tout en affirmant que la production postérieure appartient exclusivement au Niger.

Orano, qui considère avoir été dépossédé d’une partie de ses actifs, a engagé plusieurs procédures d’arbitrage. Selon le groupe, les stocks en question représenteraient une valeur marchande d’environ 300 millions d’euros.

Dans ce contexte tendu, l’appel au dialogue pourrait marquer une possible ouverture vers une résolution du différend.

Abdoulaye Ali

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